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Twitter et ses fameuses listes :
pour ou contre?

  • Laurent LaSalle
  • Mardi, 3 novembre 2009

Ceux d’entres-vous qui êtes mordus de Twitter avez probablement déjà entendu la nouvelle : les listes sont maintenant accessibles pour tous! Mais qu’est-ce que ça change?

Une description du nouveau service

Comme je l’explique dans mon survol sur cette nouvelle fonctionnalité, il est maintenant possible de filtrer certains contacts afin de suivre le fil de discussion d’un groupe restreint de microblogueurs. Comment? En produisant des listes de contacts personnalisées.

Avec ces listes, Twitter ajoute une nouvelle dimension :

  • Les listes peuvent être publiques ou privées;
  • On peut ajouter quelqu’un qu’on ne suit pas à une liste, advenant que son profil soit ouvert;
  • On peut suivre les listes des autres, même si on ne suit pas l’auteur d’une liste ou les individus affichés sur celle-ci;
  • On peut connaître les listes publiques sur lesquelles on figure.

Cette nouvelle «profondeur» est déjà la source d’un intéressant débat à son sujet, et pour cause : on vient ici de multiplier le nombre de vitrines sur lesquels un contenu peut apparaître. Le dernier tweet de Michelle Blanc est non seulement transmis à tous ses followers, mais également à toutes les listes sur lesquelles elle figure; listes auxquelles plusieurs personnes se sont abonnées.

Par conséquent, il est possible que plus l’implantation de ces listes dans notre quotidien progressera, moins les gens seront porté à suivre des individus au profit des listes dites spécialisées. C’est l’ajout d’un nouveau facteur à tenir en ligne de compte, jusqu’ici invisible à nos yeux : la pertinence. Car moins vous êtes pertinent, moins les autres jugeront pertinent de vous mettre à profit dans une liste spécialisée.

On peut également imaginer l’impact que cette «distance» aura sur les conversations…

La discrimination est un vilain défaut

Chris Brogan n’aime pas le concept des listes pour la seule raison qu’elles sont discriminatoires. Un designer web pourrait se sentir moins important sachant qu’il ne figure pas sur la liste des «cool-web-designers» d’une personne influente dans le milieu.

Je comprends son raisonnement, mais je ne le partage pas : tout rassemblement à ses limites, que ce soit le palmarès des meilleurs albums du dernier Rolling Stone ou les 10 graphistes sur lesquels le Grafika décidera de consacrer un article dans son numéro de décembre. Je suis plus intéressé à lire les propos des relationnistes que j’ai rencontrés personnellement au cours de ces dernières années que de m’inonder des tweets de la totalité des gens dans le domaine.

La discrimination est essentielle

Attention, essayez de vous enlever de la tête l’aspect péjoratif du terme. Toute personne discrimine l’information qu’elle reçoit, c’est capital, sans quoi l’être humain ne serait tout simplement pas en mesure de fonctionner. Le simple fait de ne pas suivre systématiquement quelqu’un qui vient de vous ajouter à sa liste de contact sur Twitter est un exemple de discrimination.

Les listes vous permettront de mieux gérer vos contacts, de mieux gérer votre communication et d’être plus efficaces aux moments opportuns. La seule condition pour en bénéficier : construire minutieusement celles-ci pour qu’elles répondent à vos besoins. Un travail ardu, puisqu’il est impossible pour l’instant de sélectionner un groupe d’individus à ajouter à une liste. Une fonction qui viendra peut-être plus vite qu’on le pense, via les applications spécialisées comme TweetDeck et cie.

Une guerre d’égos

Si avant on pouvait facilement se comparer aux autres par le nombre de followers, cet ajout amène un autre facteur duquel on pourra tenir compte : le nombre de listes sur lesquelles on se retrouve. En ce moment, on me retrouve sur 57 listes alors que mon homologue se retrouve sur 75. Est-ce que ça signifie pour autant que j’ai moins d’influence que lui? Peut-être… :o P

Seul l’avenir nous dira à quel point les habitudes de microblogueurs vont être affectées par la venue de cette nouvelle façon de consulter le contenu qui les intéressent. Alors, les listes sur Twitter : êtes-vous pour ou contre?

Montréal Web Vidéo 2009 : Optimiser le multiplateforme

  • Mélanie Millette
  • Vendredi, 10 avril 2009

Le 2 avril dernier se tenait la journée de conférence Montréal Web Vidéo 2009. Professionnels des nouveaux médias, de la télévision et du cinéma ont parlé de l’avenir des productions audiovisuelles traditionnelles, du contexte de production des projets innovateurs comme les web télés et du modèle économique à mettre en place pour monétiser de telles initiatives.

Suite à l’écoute de ces conférences et panels, il me semble que l’on doit redéfinir la question du «multiplateforme». Je m’explique.

Marilyn

Compléter plutôt que recycler

Plusieurs intervenants parlent de multiplateforme; c’est un terme devenu courant dans le langage des agences, des diffuseurs, des grands groupes convergents. La majorité des professionnels entendus semble comprendre le multiplateforme comme un contenu Web qui est ensuite repris à la télévision (ou la radio), ou vice-versa. Or, cette manière de voir les choses me semble particulièrement réductrice, pire, elle passe à côté de tout le potentiel réel des contenus multiplateforme.

Car le défi, c’est de comprendre que «faire du multiplateforme» ne signifie pas recycler des contenus d’un support médiatique à l’autre. Ça ne veut pas dire non plus de profiter de la convergence pour faire de la promotion croisée en programmant les auteurs d’un projet Web dans les émissions radio et télé d’un même groupe. Ces éléments sont utiles pour diffuser et rentabiliser le projet, mais pour véritablement optimiser le multiplateforme, il faut considérer les diverses entités médiatiques (télé, web, radio, imprimé) comme un seul terrain sur lequel le fil narratif doit se dérouler. C’est-à-dire que les éléments narratifs présents sur les différentes plateformes doivent se compléter, se nourrir, pour former une fois réunis un seul projet.

Des multiplateformes près de chez-nous

Des créateurs de séries américaines comme Lost ont compris cette idée et utilisent les blogues, les Web épisodes, les forums d’internautes et les épisodes télévisés comme des compléments mutuels à une seule histoire. Chez nous, dans un tout autre créneau, Cabine C relève assez bien le défi du multiplateforme, spécialement avec le livre paru il y a quelques mois. De tels projets sont exigeants. La qualité de l’expérience du spectateur et son engagement en sont probablement décuplés.

Or, cette réflexion semble longue à aboutir chez les gros joueurs de l’industrie… Ajouter une page Facebook à côté d’un projet qui est complet en soi, c’est probablement une plus-value, mais il en faut plus pour bâtir une stratégie intelligente qui optimise le potentiel d’un espace web.

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