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Foursquare, Gowalla, Brightkite : un avenir?

  • Laurent LaSalle
  • Lundi, 28 décembre 2009

Dans le cadre d’un podcast de MacQuébec en novembre dernier, je discutais avec mes collègues Sylvain et ZeLaurent de l’engouement autour des applications de géolocalisation du iPhone et de l’évolution possible que pourrait prendre le mouvement.

Optimiste, j’imaginais déjà voir l’usage de ceux-ci de manière aussi commune que certains utilisent Twitter aujourd’hui. Mais peut-on franchement s’imaginer jouer encore avec ces plateformes d’ici un an?

Gowalla vs. Foursquare vs. Brightkite

Géolocalisaquoi?

La géolocalisation permet de positionner un individu sur une carte à l’aide de coordonnées géographiques. Celles-ci peuvent être déterminées par un appareil muni d’un récepteur GPS, tels la plupart des récents smartphones. Cette technologie est à l’origine du géocaching, un hobby populaire qui consiste à dissimuler et trouver des objets un peu partout à travers le monde grâce à des coordonnées géographiques.

Les candidats

Mais revenons à nos moutons. Laissez-moi vous présenter les principaux logiciels qui ont retenu mon attention :

Foursquare

La plus populaire des trois plateformes. Il s’agit d’un réseau social où les gens sont invités à signaler leur présence (check in) dans différents endroits publics. Il est possible de voir l’historique des présences d’un endroit, d’ajouter un endroit (en inscrivant l’adresse, un processus qui fonctionne relativement bien) et d’obtenir des badges (symboles de réussite). Elle invite également ses utilisateurs à crier des messages publics à d’autres, à la Twitter, une fonction beaucoup moins utilisée.

Le tableau affichant le score de votre communauté s’efface au début de chaque semaine, les tardifs auront donc la même chance que les vétérans d’obtenir leurs 15 minutes de gloire. Il est possible d’utiliser l’application sans diffuser un endroit (ou tous les endroits) en particulier à nos contacts afin de conserver une certaine vie privée tout en amassant des points.

À noter que cette plateforme, encore en version bêta, n’est offerte que dans un nombre restreint de grandes villes (dont Paris et Montréal). Il est possible d’y inscrire des adresses provenant de Québec, seulement la pérennité de ces points n’est pas garantie.

Gowalla

Avec une présentation visuelle plus soignée, cette alternative propose à ses usagers un équivalent virtuel au géocaching. Une fois qu’on signale sa présence, il est possible de déposer un objet virtuel quelconque, afin que les prochains visiteurs puissent le ramasser et le déposer ailleurs. L’idée est intéressante, mais à mon avis elle ajoute une complexité absente de Foursquare, un désavantage à mes yeux.

L’accent n’est pas du tout mis sur la compétition, ce qui peut éviter certaines personnes de devenir trop accroc au point de vouloir tricher. Contrairement à Foursquare, inutile d’inscrire une adresse pour ajouter un nouveau point : l’application vous présente une carte géographique où le point sera créé. Il est possible de corriger le point en question plus tard, via votre fureteur, pour une précision accrue.

Brightkite

De son côté, Brightkite est prédécesseur à ces initiatives. À ma connaissance, il est le seul à lier sa recherche avec la base de données de Google Maps, ce qui simplifie la tâche lorsque vient le moment de checker in dans un commerce.

Poussant l’idée encore plus loin, il est possible de publier du contenu, des photos ou de courts messages, s’affichant sur un stream général qui se consulte par proximité (voir tous les messages provenant d’un rayon de 100 km par exemple). Il est possible de commenter chacune de ses publications, ce qui fait de Brightkite une plateforme beaucoup plus près du blogue que d’un hobby de géolocalisation.

Un avenir possible

La non-popularité de Brightkite s’explique difficilement : l’application est pourtant jolie, gratuite, simple et facile à utiliser. Elle existe depuis 2007. Peut-être est-ce une question de mauvais timing ou son obsession à vouloir tout faire dès le début qui l’a rendue impopulaire?

Foursquare et Gowalla quant à elles semblent avoir le vent dans les voiles. Elles valorisent ses utilisateurs à l’aide de badges, d’objets virtuels rares (et variés), de rôles (fondateurs ou maires de certains points). Mais peut-on entrevoir une application qui enlogerait l’ensemble de ses plateformes? Le besoin actuel est loin de justifier l’existence d’une telle application rassembleur, mais l’idée peut s’avérer moins absurde si le hobby prend de l’ampleur et qu’un nombre important d’utilisateurs inscrivent l’application dans leur routine.

Foursquare for Businesses propose des pratiques que les commerçants pourraient appliquer envers ses clients réguliers fervents amateurs de Foursquare. Par exemple, si vous présentez votre iPhone montrant que vous êtes maire de l’endroit, où que vous vous y soyez présenté 10 fois au cours du dernier mois, la première consommation est une gracieuseté de la maison. Une corrélation entre le service et les commerces (idéalement présents sur Twitter) pourrait être une formule gagnante pour prolonger la vie du concept, du moins à moyen terme.

Avec la propagation des appareils munis de fonctions GPS, l’idée de voir s’implanter l’utilisation de ses applications dans les habitudes de la masse est de moins en moins saugrenue. Big Brother pourra ainsi vous tenir à l’oeil…

Les conférences : quand Twitter prend le dessus

  • Laurent LaSalle
  • Jeudi, 26 novembre 2009

La semaine dernière se déroulait le Web 2.0 Expo New York, un événement organisé en collaboration avec O’Reilly Media et TechWeb. Il avait comme mandat de faire découvrir les nouveautés du Web 2.0, tant au point de vue des modèles d’affaires que celui des pratiques web au niveau de la stratégie, du design et du développement.

Préambule

Bien que les conférences se déroulaient en parallèle (les salles couvrant chacun un sujet spécialisé), les participants étaient invités à assister aux keynotes en début d’après-midi. L’horaire était construit de sorte qu’aucune autre conférence ne venait entraver les keynotes.

La salle était immense, contenant facilement entre 1 000 et 1 500 personnes. Les organisateurs avaient eu l’idée d’inclure un stream Twitter, suivant le hashtag de l’événement (#w2e), afin peut-être d’animer la scène ou de permettre au backchannel de contextualiser les propos de l’invité. Seulement le tout a dégénéré lorsque Danah Boyd, chercheuse pour Microsoft, livra sa présentation intitulée «Streams of Content, Limited Attention» (que d’ironie).

Connaître son public

Les conférenciers qui obtiennent le plus de succès selon moi sont tous en mesure de bien juger l’auditoire afin de livrer une présentation compatible avec celle-ci. Ce fut le cas de Chris Brogan, Baratunde Thurston et même Tim O’Reilly. Certains comme Kevin Rose et Jay Adelson ont pu jouir du mode entrevue qui, bien qu’il ne soit pas bulletproof, diminue le risque de provoquer un discours ennuyeux ou ne correspondant pas aux attentes de la foule (trois têtes valent mieux qu’une).

Lors de sa conférence, Danah Boyd traita de son sujet avec brio, récitant des phrases parfaitement construites, incluant à l’occasion des métaphores, des parenthèses, des explications… elle avait réponse à nos questions avant même qu’on ne les pose. Comment cela est-il possible? Elle sait lire, voilà son secret! Par extension, elle sait écrire également…

Pendant près de 20 minutes, Danah Boyd passa le plus clair de son temps à lire ses notes à voix haute, levant à l’occasion son regard afin de simuler la connexion avec son public. Je considère que cette maladresse (à noter que je n’aurais pas fait mieux) n’a fait que contribuer au déficit d’attention de la foule, qui devait déjà composer avec la durée de son intervention et la tentation d’emboîter le mode multitasking.

Conséquence

Bien que son débit était adéquat pour quelqu’un à qui on accorde toute notre attention, la majorité trouvait qu’elle parlait trop vite, ne laissant pas le temps à l’auditoire de digérer ses propos. Des commentaires plutôt anodins du genre «Danah Boyd from Microsoft is talking way too fast. It’s hard to follow and I have no idea what she is talking about.» ou «Danah Boyd loves coffee.» ont fait réagir la foule de façon innappropriée (des rires qui ne pouvaient être attribués au sérieux du sujet traité).

Unfortunately, my presentation at Web 2.0 Expo sucked. The physical setup was hard and there was a live stream behind me. I knew something was wrong because folks started laughing in the audience. Unable to see anything (the audience, the stream), I found myself closing down.

— Danah Boyd, sur son blogue

Le lendemain, les animateurs Brady Forrest et Jennifer Pahlka avaient des têtes d’enterrement. Ils ont rapporté les faits, se sont excusé auprès de Danah Boyd et Microsoft (le principal commanditaire avec IBM) et ont annoncé que le Twitter feed allait désormais être modéré. Lors des keynotes qui ont suivi, on pouvait voir des tweets se répéter sur l’écran géant, donnant une fausse impression d’instantanéité. On a relégué cette fonctionnalité aux oubliettes; vous pouvez vous assurer qu’elle ne sera pas au rendez-vous l’an prochain.

Comment mieux gérer la situation?

Je crois que dans de pareilles circonstances, il est inévitable pour Twitter de refléter la perception d’une salle, exceptée évidemment lorsque celle-ci n’est pas familière avec l’outil (ou n’a carrément pas accès au web). Par contre, l’idée de modérer la diffusion des tweets est catastrophique – mieux vaut ne rien diffuser du tout!

Si l’organisation n’est pas prête à prendre un tel risque, elle ferait mieux de rétrograder les tweets au second plan, en diffusant ceux-ci sur un écran dans un endroit «de repos» (tel que je le proposais le mois dernier). De plus, cette pratique élimine un élément de distraction dans une salle où la présence technologique incite fortement à perdre le focus.

Twitter et ses fameuses listes :
pour ou contre?

  • Laurent LaSalle
  • Mardi, 3 novembre 2009

Ceux d’entres-vous qui êtes mordus de Twitter avez probablement déjà entendu la nouvelle : les listes sont maintenant accessibles pour tous! Mais qu’est-ce que ça change?

Une description du nouveau service

Comme je l’explique dans mon survol sur cette nouvelle fonctionnalité, il est maintenant possible de filtrer certains contacts afin de suivre le fil de discussion d’un groupe restreint de microblogueurs. Comment? En produisant des listes de contacts personnalisées.

Avec ces listes, Twitter ajoute une nouvelle dimension :

  • Les listes peuvent être publiques ou privées;
  • On peut ajouter quelqu’un qu’on ne suit pas à une liste, advenant que son profil soit ouvert;
  • On peut suivre les listes des autres, même si on ne suit pas l’auteur d’une liste ou les individus affichés sur celle-ci;
  • On peut connaître les listes publiques sur lesquelles on figure.

Cette nouvelle «profondeur» est déjà la source d’un intéressant débat à son sujet, et pour cause : on vient ici de multiplier le nombre de vitrines sur lesquels un contenu peut apparaître. Le dernier tweet de Michelle Blanc est non seulement transmis à tous ses followers, mais également à toutes les listes sur lesquelles elle figure; listes auxquelles plusieurs personnes se sont abonnées.

Par conséquent, il est possible que plus l’implantation de ces listes dans notre quotidien progressera, moins les gens seront porté à suivre des individus au profit des listes dites spécialisées. C’est l’ajout d’un nouveau facteur à tenir en ligne de compte, jusqu’ici invisible à nos yeux : la pertinence. Car moins vous êtes pertinent, moins les autres jugeront pertinent de vous mettre à profit dans une liste spécialisée.

On peut également imaginer l’impact que cette «distance» aura sur les conversations…

La discrimination est un vilain défaut

Chris Brogan n’aime pas le concept des listes pour la seule raison qu’elles sont discriminatoires. Un designer web pourrait se sentir moins important sachant qu’il ne figure pas sur la liste des «cool-web-designers» d’une personne influente dans le milieu.

Je comprends son raisonnement, mais je ne le partage pas : tout rassemblement à ses limites, que ce soit le palmarès des meilleurs albums du dernier Rolling Stone ou les 10 graphistes sur lesquels le Grafika décidera de consacrer un article dans son numéro de décembre. Je suis plus intéressé à lire les propos des relationnistes que j’ai rencontrés personnellement au cours de ces dernières années que de m’inonder des tweets de la totalité des gens dans le domaine.

La discrimination est essentielle

Attention, essayez de vous enlever de la tête l’aspect péjoratif du terme. Toute personne discrimine l’information qu’elle reçoit, c’est capital, sans quoi l’être humain ne serait tout simplement pas en mesure de fonctionner. Le simple fait de ne pas suivre systématiquement quelqu’un qui vient de vous ajouter à sa liste de contact sur Twitter est un exemple de discrimination.

Les listes vous permettront de mieux gérer vos contacts, de mieux gérer votre communication et d’être plus efficaces aux moments opportuns. La seule condition pour en bénéficier : construire minutieusement celles-ci pour qu’elles répondent à vos besoins. Un travail ardu, puisqu’il est impossible pour l’instant de sélectionner un groupe d’individus à ajouter à une liste. Une fonction qui viendra peut-être plus vite qu’on le pense, via les applications spécialisées comme TweetDeck et cie.

Une guerre d’égos

Si avant on pouvait facilement se comparer aux autres par le nombre de followers, cet ajout amène un autre facteur duquel on pourra tenir compte : le nombre de listes sur lesquelles on se retrouve. En ce moment, on me retrouve sur 57 listes alors que mon homologue se retrouve sur 75. Est-ce que ça signifie pour autant que j’ai moins d’influence que lui? Peut-être… :o P

Seul l’avenir nous dira à quel point les habitudes de microblogueurs vont être affectées par la venue de cette nouvelle façon de consulter le contenu qui les intéressent. Alors, les listes sur Twitter : êtes-vous pour ou contre?

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