Logo MA14

Quelques pensées suite à PodCamp Montréal

  • Mélanie Millette
  • Mardi, 22 septembre 2009

En fin de semaine, c’était l’effervescence au Pavillon du Design de l’UQAM où se tenait la deuxième édition de PodCamp Montréal. Plusieurs centaines de personnes se sont présentées pour écouter, discuter, partager et tweeter autour de la quarantaine de conférences données par des professionnels des nouveaux médias, des podcasters et des blogueurs.

Je profite de ce billet pour partager quelques unes de mes impressions personnelles. N’ayant assisté qu’au quart de l’événement (comme il y a toujours quatre conférences données simultanément, j’ai eu accès à une fraction des présentations offertes!), ces observations sont forcément partielles. J’invite d’ailleurs ceux qui ont assisté à PodCamp (ou pas!) à partager leurs visions des choses dans les commentaires.

D’abord, parmi les habituels how to et autres témoignages quant à une bonne pratique des médias sociaux, il m’a semblé qu’un courant plus humain traversait la programmation. Des conférenciers ont ainsi exposé comment les médias sociaux pouvaient avoir un impact positif sur le monde, comment nos activités de blogueurs ou de podcasters peuvent contribuer à améliorer la vie des autres.

Photo par Eva Blue

Dans cette veine rafraîchissante, Daniele Rossi (↑) a présenté son expérience de podcaster afin de montrer comment on peut rejoindre une audience spécifique. Mais au-delà des trucs marketing, Daniele nous a partagé son expérience personnelle : bègue lui-même, il a lancé un podcast, Stuttering Is Cool, qui a aidé des personnes aux prises avec le bégaiement à assumer leur manière de parler, en plus d’offrir un espace où ces personnes peuvent partager leurs problèmes et développer des trucs. Son intervention, d’une touchante sincérité et ponctuée de ses dessins (il est illustrateur) a porté un vent de fraîcheur et de positivisme sur mon expérience du PodCamp.

Je pense aussi à Allan Isfan avec son projet Zoogeez où les enfants pourraient s’échanger des dessins, comptines et autres éléments de leur quotidien. En se basant sur le principe d’empathie et sur l’observation de ses trois fillettes, Allan propose que le développement d’un outil de réseautage social adapté aux besoins spécifiques des enfants leur permettrait de développer un sens du «nous», un sens de la planète. En tissant des liens avec les enfants ailleurs dans le monde, les enfants développeraient des amitiés et une ouverture d’esprit par rapport aux contextes de vie ailleurs sur le globe. Poussé par une réelle motivation de donner vie à ce projet, Allan a partagé ses pistes de réflexions, ses désirs et ses questionnements. Cela a donné lieu à une discussion fort intéressante où plusieurs enseignants ont pris la parole.

Finalement, dans une veine moins joyeuse mais tout aussi pertinente, Adele McAlear a présenté une réflexion fort pertinente sur le rapport à notre identité virtuelle, plus précisément à ses traces, par rapport à notre disparition éventuelle. Essentiellement, elle a porté à notre attention des questions que l’on doit se poser en tant qu’usagers des premières lignes des médias sociaux. Car lorsqu’une personne meurt, qu’arrive-t-il avec son patrimoine numérique? Et comment les communautés numériques vivent-elles leur deuil? Comment voudriez-vous que l’on gère votre identité en ligne après votre décès et que cela implique-t-il? Autant de questions auxquelles les geeks et autres techno-enthousiastes que nous sommes devront réfléchir.

En terminant, je voudrais également vous partager mon questionnement par rapport à la place de la créativité et des arts numériques dans des événements comme PodCamp. Hier soir, en rentrant chez moi, je me disais que les questions marketing et techniques prenaient beaucoup de place dans les PodCamp. Cela est certes pertinent et ces discussions sont souvent intéressantes, mais dans les trois PodCamp auxquels j’ai assisté, la partie plus artistique ou créative des médias sociaux étaient souvent réduites à quelques présentations sur l’industrie musicale et son modèle d’affaires.

En tant que participante, j’aimerais bien que des personnes me parlent des aspects plus créatifs ou culturels de leurs relations avec les médias sociaux, leur blogue ou leur podcast. En tant qu’organisatrice, je me demande comment on pourrait attirer de telles personnes afin qu’elles viennent présenter leurs réflexions.

Thème par MA14. Fièrement propulsé par Wordpress