Pour une récapitulation de la polémique entourant l’arrivée du Bixi à Montréal, voici un résumé tiré du billet de M. Lagacé :
C’est l’histoire d’un blogue sur le vélo. Créé quelque part en 2008 par trois Montréalais : Mélanie Gomez, Jean-Michel Simoneau et Pénélope Riopelle. Nom du blogue : “À vélo citoyens”. [...] Les trois amis se sont investis dans cette aventure web. Mélanie a même produit des clips pro-vélo très bien faits, pour le blogue. Jean-Michel allait intervenir sur d’autres blogues, allait commenter des textes du Devoir, invitant les lecteurs à venir lire “À vélo citoyens”.
Voilà. C’est l’histoire, en apparence banale, d’un blogue animé par des citoyens passionnés. Il n’y a qu’un petit pépin dans l’histoire que je vous raconte ci-haut. Tout est faux.
[Elle a créé] le faux blogue et les faux citoyens pour le compte de son client, Stationnement de Montréal, afin de mousser l’arrivée de Bixi, le service de vélo libre-service lancé ce matin.
Il faut dire que cette offensive, à la base, en était une très bonne et très réussie. Mais une question se pose : pourquoi faire semblant?
En quoi était-il nécessaire de créer de toutes pièces la rencontre et les trois cyclistes? Si c’était pour ajouter un élément de storytelling à la campagne, un recrutement original aurait très bien pu faire l’affaire et de vraies personnes d’influences dans le milieu du cyclisme auraient pu être tout aussi dignes d’intérêts et de crédibilité. De toute façon, trouver ce qui aurait pu être fait n’est pas mon fort et je n’aime pas critiquer les autres.
Ici, ce qui m’intéresse, c’est l’exemple idéal d’un choc culturel de deux écoles de pensées différentes.
Par le passé, il était de normal de cacher certaine chose. Créer du rêve. Et c’est toujours bon pour la télé et toute plateforme proposant des mises en situation fictives. Mais interagir dans les réseaux sociaux, ce n’est pas la place pour de l’acting et du rêve. C’est une plateforme de communication intégrant de véritables communautés impliquant de vraies personnes et de vraies valeurs.
Aujourd’hui, les réseaux sociaux encouragent la transparence. Certains disent que c’est une loi non écrite, moi je crois que c’est un principe simplement logique. Les réseaux sociaux s’entrecroisent donc un jour ou l’autre, si vous cachiez quelque chose, cela va se savoir. C’est comme ces gens qui jouent de triples ou quadruples vies. Un jour ou l’autre, il y a une personne qui fait un lien dans ce cercle.
Les réseaux sociaux sont un endroit pour échanger et communiquer et oui, évidemment, influencer. Mais là n’est pas une raison de créer une pièce de théâtre sans le dire à personne. Au point où on est rendu, la STM et l’AMT pourraient créer de fausses familles et commencer à créer de faux voisins dans de vrais quartiers de banlieue pour promouvoir le magnifique transport en commun! Allons donc, ne soyez pas vexé, M. et Mme Tout-le-Monde, c’est pour une bonne cause. C’est l’environnement! La fin justifie les moyens, non?
L’exemple vous semble un peu poussé? Dites-vous que ce n’est pas parce que c’est un «monde virtuel» que les valeurs et les échanges en deviennent automatiquement artificiels.
Influencer à travers les réseaux sociaux est d’une grande valeur aujourd’hui et poser ces interactions sur des bases solides telles que la transparence, l’échange et le respect rendront vos offensives marketing encore plus fortes, car elles seront basées sur une relation.
Et toute relation saine entraine automatiquement une notion d’intimité et de fidélité. C’est gagnant-gagnant!














Vos commentaires
Ce est est frustrant c’est qu’ils on probablement choisi l’approche Blog justement pour ca crédibilité. Mais dans le coup la détruire.
Carrement du terrorisme journalistique.
Si au moins dans des situations comme ca on indiquait « Informercial » ou qu’ils est commendité.
Merci Stéphane, moi qui chiale depuis hier que les gens en font un peu trop sur ce sujet (« on se fait mentir à tout rompre en pub télé et personne ne chiale »), tu viens de me couper le sifflet avec la mention « Infomercial » ! Merci
Néanmoins, même si je suis loin d’endosser les pratiques de mensonges dans le cas d’un blog, tout le tapage médiatique qu’on en fait n’est-il simplement pas un simple coup d’orgueil bien placé au niveau de l’égo 2.0 ? Les gens vivent dans leur idéaux du web parfait, il est évident qu’un jour, on allait tomber de haut…
Comme le disait une amie à moi hier midi: « c’est ça qui arrive, dans les gens du marketing, qui sont bon en marketing, commencent à faire de la communication » …
Jean-Philippe tu a raison, cette illusion de pureté est illusoire. Le media était relativement pur parce que pas encore « mainstream ». Des que certains en verront la popularité donc la viabilité il sera exploité lui aussi avec les mêmes méthodes.
Il y a une époque (J’était la déjà) ou il était inimaginable de recevoir de la pub par email. Les temps on bien changé!
Merci à vous deux pour ces commentaires bien élaboré. C’est vraiment apprécié!
En effet, le web va perdre de sa pureté à mesure que le marché va percevoir le plein potentiel du web. Par contre, il ne faut pas devenir trop fataliste non plus. Là où je veux en venir, c’est que vous avez parfaitement raison, mais je crois que, comme tout autre média traditionnel, ce qui est fictif doit être CLAIREMENT identifié comme fictif.
Ex. : On ne voit pas les crimes de l’émission CSI faire les manchettes à TVA comme s’ils étaient de vrais crimes.
Le web traverse présentement son adolescence. Il se cherche et expérimente des choses géniales et d’autres malsaines. À l’image de notre adolescence à nous, il perdra une partie de son innocence, mais certaines valeurs et certains principes doivent passer à travers cette période. Pour en revenir au sujet actuel, une des choses qui doit rester c’est que les blogues ne sont pas la place pour de la fiction sauf dans les cas où cette fiction est évidente et justifiée. Quand c’est bien exécuté, il n’y a aucun besoin d’indiquer « infomercial »
Exemple de blogue fictif qui aurait pu fonctionner : faire un blogue mis à jour par les membres de la famille Parent pour l’émission de Radio-Canada « Les Parent ». Il aurait été clair que ce blogue aurait été fictif, mais étant rattaché à une oeuvre fictive, cela n’aurait pas été une surprise.
(Est-ce que les médias ont repris le blogue avant le scandale?
)
J’approuve totalement ton point de vue, mais la frontière entre le réel et le flou restera toujours impossible à surmonter, je crois. Prenons encore l’exemple de la télé: publicité de nicotine, qui nous vends les bienfaits de la gomme à mâcher, et à la fin, le gars dit « parole de médecin » (exemple totalement fictif!)… Tout le monde sait que c’est un comédien, cependant, la déception y est toujours: aucun avertissement sur le fait qu’il n’est pas médecin.
C’est à se demander maintenant: si l’agence de communication avait « ghost writé » (wow, le joli français!) au nom de personnes réelles, est-ce que le scandale aurait été moins fort? Absolument pas. L’initiative aurait été perçu moins négativement, mais les grands gurus du web québécois auraient autant tapé avec véhémence sur le fait que le blog n’était pas « vrai ». C’est à peine si on ne se dirige pas vers une ligne de pensée unique dans les facon de faire le web certaines fois. Ça, où on s’acharne à simplement détruire la réputation de nos compétiteurs d’affaire…
Je me sens bernée. Mélanie Gomez, je croyais qu’elle était mon amie…
Sérieusement, je m’attends à ce genre de stratégie venant de l’entreprise privée, mais pas du public. Je dois être naïve…
Mmm… Je ne suis pas certain de saisir l’expression «Ghost writé» dans le même contexte qu’il est utilisé, mais ce que je connais du «ghostwriting» c’est écrire au nom de quelqu’un d’autre. Ce qui aurait été encore pire.
Mais je suis parfaitement d’accord avec toi sur le fait qu’on n’échappera pas au « flou », mais tout de même la pratique actuelle n’était pas nécessaire. Il n’y avait pas d’identité à cacher, pas d’opinions malsaines nécessitant de voiler les vraies personnes…
De véritables personnalités influentes du milieu du cyclisme auraient pu embarquer dans ce cirque et permettre au public de recevoir une campagne transparente passant par un blogue, mais tout de même avec une machine invisible (scripteur et relecteur travaillant étroitement avec les blogueurs, stratèges, relations publiques, etc.) permettant une qualité CALCULÉE du contenu sans non plus berner le public de A à Z.
Ce n’était pas épouvantable mais simplement maladroit. Ils ont testé et ce n’est pas une mauvaises chose. La preuve: on débat en ce moment ici et ailleur.
@Cannelle
Nous sommes tous un peu naïfs encore sur le web. Chacun à notre façon et pour plusieurs raisonne :
1- Le web n’est pas encore totalement intégré à notre culture populaire. Un peu comme la télé dans les années 60 & 70.
2- Il se développe incroyablement rapidement. Changeant nos moeurs tous les mois.
3- Les frontières sont étranges entre ce qui est de l’ordre du public et du privé.
Mais ne te laisse pas décevoir trop intensément par cette situation. De notre côté, chez MA14, nous assistons à des rencontres de blogueurs (que tu peux assisté aussi. C’est très cool) et crois-moi, la majorité du temps ce sont de vraies personnes.
@Jonathan: Oserais-je même dire… Plus vrai (trop?) que nature?
Bien entendu, je parlais à Jordan! (Internet sur les heures de bureaux, quand tu nous tiens!)
@Jean-Philippe
Haha!!! Je le cherchais en maudit Jonathan! lol
Oui, en effet, plus vraies que nature! Disons qu’il y a un filtre de moins avant de diffuser notre contenu quand nous sommes sur place. (ok… ça c’est ma réplique geek du jour!).
Welcome, to the real world, @Neo-Jordan!
La parole est à vous
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