Le 2 avril dernier se tenait la journée de conférence Montréal Web Vidéo 2009. Professionnels des nouveaux médias, de la télévision et du cinéma ont parlé de l’avenir des productions audiovisuelles traditionnelles, du contexte de production des projets innovateurs comme les web télés et du modèle économique à mettre en place pour monétiser de telles initiatives.
Suite à l’écoute de ces conférences et panels, il me semble que l’on doit redéfinir la question du «multiplateforme». Je m’explique.

Compléter plutôt que recycler
Plusieurs intervenants parlent de multiplateforme; c’est un terme devenu courant dans le langage des agences, des diffuseurs, des grands groupes convergents. La majorité des professionnels entendus semble comprendre le multiplateforme comme un contenu Web qui est ensuite repris à la télévision (ou la radio), ou vice-versa. Or, cette manière de voir les choses me semble particulièrement réductrice, pire, elle passe à côté de tout le potentiel réel des contenus multiplateforme.
Car le défi, c’est de comprendre que «faire du multiplateforme» ne signifie pas recycler des contenus d’un support médiatique à l’autre. Ça ne veut pas dire non plus de profiter de la convergence pour faire de la promotion croisée en programmant les auteurs d’un projet Web dans les émissions radio et télé d’un même groupe. Ces éléments sont utiles pour diffuser et rentabiliser le projet, mais pour véritablement optimiser le multiplateforme, il faut considérer les diverses entités médiatiques (télé, web, radio, imprimé) comme un seul terrain sur lequel le fil narratif doit se dérouler. C’est-à-dire que les éléments narratifs présents sur les différentes plateformes doivent se compléter, se nourrir, pour former une fois réunis un seul projet.
Des multiplateformes près de chez-nous
Des créateurs de séries américaines comme Lost ont compris cette idée et utilisent les blogues, les Web épisodes, les forums d’internautes et les épisodes télévisés comme des compléments mutuels à une seule histoire. Chez nous, dans un tout autre créneau, Cabine C relève assez bien le défi du multiplateforme, spécialement avec le livre paru il y a quelques mois. De tels projets sont exigeants. La qualité de l’expérience du spectateur et son engagement en sont probablement décuplés.
Or, cette réflexion semble longue à aboutir chez les gros joueurs de l’industrie… Ajouter une page Facebook à côté d’un projet qui est complet en soi, c’est probablement une plus-value, mais il en faut plus pour bâtir une stratégie intelligente qui optimise le potentiel d’un espace web.













Vos commentaires
Montréal Web Vidéo 2009 était un bien bel événement malgré les quelques soucis techniques. Problème d’internet à L’ETS… Plutôt surprenant mais vrai !!!
Quoi qu’il en soit, j’étais à l’accueil et j’y ai rencontré beaucoup de gens passionnant !
Concernant le multiplateforme, je suis d’accord que lost a tout compris afin d’améliorer la visibilité et la vie de leur série. Ex : les sites satellites sur le projet Dharma, etc… C’est comme une continuité ou plutôt un ajout considérable pour les fans de la série qui ajoute un plus value vraiment intéressante !
À premier abord, lorsque j’entends multiplateforme sur internet, je pense plus à la possibilité de voir une vidéo simplement que l’on soit sous mac, pc via windows ou linux…
La parole est à vous
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