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Bonne année, mauvais souhaits

  • Sébastien Poirier
  • Mardi, 5 janvier 2010

2009-2010

Nouvelle année. Pas super original de vous en souhaiter une bonne. C’est l’une de ces choses qu’on souhaite tellement systématiquement à tout le monde qu’on ne devrait même plus le faire. Sauf que si on ne le fait pas, certaines personnes peuvent se sentir vexés (moi le premier).

Chaque année, je me retrouve avec des souhaits du Nouvel An qui me laissent perplexe. Pourquoi doit-on souhaiter plus que la bonne année?

Voici mon top 5 des choses qui me frappent dans ces souhaits annuels :

1. Se faire souhaiter la santé

Oui la santé est ce qu’on a de plus précieux. On ne s’en rend compte que lorsqu’on ne l’a plus. Mais avant mes 50 ans, je ne veux pas me faire souhaiter la santé : c’est en stock, je l’ai, c’est beau. Rien ne me déprime plus que l’implication que je pourrais la perdre.

Comment est-ce que je peux avoir une bonne année 2010 sans la santé?

Tourtière

Le summum c’est quand tu te le fais souhaiter par ta «matante» qui reçoit. Elle est en train de t’offrir ton 3e verre de mousseux et le 4e service de saucisses enroulées dans le bacon. Sans oublier qu’elle servira de la tourtière pour souper (où le refus d’une 3e portion signifie que nous n’aimons pas sa cuisine) et qu’elle servira du sucre à la crème après le dessert. C’est comme ajouter l’insulte à l’injure.

De plus, plusieurs ont souhaité la santé l’an dernier, ce qui n’a pas empêché la pandémie de la grippe A(H1N1) et le cancer de faire ses ravages.

2. Se faire souhaiter de se voir plus souvent

À quoi ça sert de souhaiter de se voir plus souvent quand on sait très bien qu’on se reverra seulement l’année prochaine? Peut-être devriez-vous effacer le quart de vos amis Facebook : vous pourriez avoir plus de temps pour vos vrais amis et la famille.

Remplacez «faudrait se voir plus souvent» par «on va se voir [telle date]». Prenez l’initiative!

3. Se faire souhaiter plein de contrats

Si on n’a déjà pas le temps de se voir, comment veux-tu qu’on se voit plus souvent si j’ai plus de travail?

4. Se faire souhaiter tout ce que l’on désire.

Si j’ai tout ce que je désire, qu’est-ce que je vais faire en 2011 et les années suivantes? Il ne faudrait peut-être pas oublier d’apprécier également ce que l’on a : Everything’s Amazing & Nobody’s Happy.

5. Je vous souhaite beaucoup de bonheur

Pourquoi? J’ai pas l’air heureux? :)

C’est vrai que quand on se lève avec un mal de bloc avant d’aller faire la tournée des familles et de «manger jusqu’à ce que les dents du fond nous baignent1», on n’est pas toujours à notre meilleur.

1. Expression gracieuseté de mon ami Dom.

Peut-être que de ne plus recevoir de slideshow du bonheur avec des minous ou des paysages pourrait y contribuer un peu.

Quels sont vos meilleurs et vos pires souhaits de l’année 2010?


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Foursquare, Gowalla, Brightkite : un avenir?

  • Laurent LaSalle
  • Lundi, 28 décembre 2009

Dans le cadre d’un podcast de MacQuébec en novembre dernier, je discutais avec mes collègues Sylvain et ZeLaurent de l’engouement autour des applications de géolocalisation du iPhone et de l’évolution possible que pourrait prendre le mouvement.

Optimiste, j’imaginais déjà voir l’usage de ceux-ci de manière aussi commune que certains utilisent Twitter aujourd’hui. Mais peut-on franchement s’imaginer jouer encore avec ces plateformes d’ici un an?

Gowalla vs. Foursquare vs. Brightkite

Géolocalisaquoi?

La géolocalisation permet de positionner un individu sur une carte à l’aide de coordonnées géographiques. Celles-ci peuvent être déterminées par un appareil muni d’un récepteur GPS, tels la plupart des récents smartphones. Cette technologie est à l’origine du géocaching, un hobby populaire qui consiste à dissimuler et trouver des objets un peu partout à travers le monde grâce à des coordonnées géographiques.

Les candidats

Mais revenons à nos moutons. Laissez-moi vous présenter les principaux logiciels qui ont retenu mon attention :

Foursquare

La plus populaire des trois plateformes. Il s’agit d’un réseau social où les gens sont invités à signaler leur présence (check in) dans différents endroits publics. Il est possible de voir l’historique des présences d’un endroit, d’ajouter un endroit (en inscrivant l’adresse, un processus qui fonctionne relativement bien) et d’obtenir des badges (symboles de réussite). Elle invite également ses utilisateurs à crier des messages publics à d’autres, à la Twitter, une fonction beaucoup moins utilisée.

Le tableau affichant le score de votre communauté s’efface au début de chaque semaine, les tardifs auront donc la même chance que les vétérans d’obtenir leurs 15 minutes de gloire. Il est possible d’utiliser l’application sans diffuser un endroit (ou tous les endroits) en particulier à nos contacts afin de conserver une certaine vie privée tout en amassant des points.

À noter que cette plateforme, encore en version bêta, n’est offerte que dans un nombre restreint de grandes villes (dont Paris et Montréal). Il est possible d’y inscrire des adresses provenant de Québec, seulement la pérennité de ces points n’est pas garantie.

Gowalla

Avec une présentation visuelle plus soignée, cette alternative propose à ses usagers un équivalent virtuel au géocaching. Une fois qu’on signale sa présence, il est possible de déposer un objet virtuel quelconque, afin que les prochains visiteurs puissent le ramasser et le déposer ailleurs. L’idée est intéressante, mais à mon avis elle ajoute une complexité absente de Foursquare, un désavantage à mes yeux.

L’accent n’est pas du tout mis sur la compétition, ce qui peut éviter certaines personnes de devenir trop accroc au point de vouloir tricher. Contrairement à Foursquare, inutile d’inscrire une adresse pour ajouter un nouveau point : l’application vous présente une carte géographique où le point sera créé. Il est possible de corriger le point en question plus tard, via votre fureteur, pour une précision accrue.

Brightkite

De son côté, Brightkite est prédécesseur à ces initiatives. À ma connaissance, il est le seul à lier sa recherche avec la base de données de Google Maps, ce qui simplifie la tâche lorsque vient le moment de checker in dans un commerce.

Poussant l’idée encore plus loin, il est possible de publier du contenu, des photos ou de courts messages, s’affichant sur un stream général qui se consulte par proximité (voir tous les messages provenant d’un rayon de 100 km par exemple). Il est possible de commenter chacune de ses publications, ce qui fait de Brightkite une plateforme beaucoup plus près du blogue que d’un hobby de géolocalisation.

Un avenir possible

La non-popularité de Brightkite s’explique difficilement : l’application est pourtant jolie, gratuite, simple et facile à utiliser. Elle existe depuis 2007. Peut-être est-ce une question de mauvais timing ou son obsession à vouloir tout faire dès le début qui l’a rendue impopulaire?

Foursquare et Gowalla quant à elles semblent avoir le vent dans les voiles. Elles valorisent ses utilisateurs à l’aide de badges, d’objets virtuels rares (et variés), de rôles (fondateurs ou maires de certains points). Mais peut-on entrevoir une application qui enlogerait l’ensemble de ses plateformes? Le besoin actuel est loin de justifier l’existence d’une telle application rassembleur, mais l’idée peut s’avérer moins absurde si le hobby prend de l’ampleur et qu’un nombre important d’utilisateurs inscrivent l’application dans leur routine.

Foursquare for Businesses propose des pratiques que les commerçants pourraient appliquer envers ses clients réguliers fervents amateurs de Foursquare. Par exemple, si vous présentez votre iPhone montrant que vous êtes maire de l’endroit, où que vous vous y soyez présenté 10 fois au cours du dernier mois, la première consommation est une gracieuseté de la maison. Une corrélation entre le service et les commerces (idéalement présents sur Twitter) pourrait être une formule gagnante pour prolonger la vie du concept, du moins à moyen terme.

Avec la propagation des appareils munis de fonctions GPS, l’idée de voir s’implanter l’utilisation de ses applications dans les habitudes de la masse est de moins en moins saugrenue. Big Brother pourra ainsi vous tenir à l’oeil…

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Les conférences : quand Twitter prend le dessus

  • Laurent LaSalle
  • Jeudi, 26 novembre 2009

La semaine dernière se déroulait le Web 2.0 Expo New York, un événement organisé en collaboration avec O’Reilly Media et TechWeb. Il avait comme mandat de faire découvrir les nouveautés du Web 2.0, tant au point de vue des modèles d’affaires que celui des pratiques web au niveau de la stratégie, du design et du développement.

Préambule

Bien que les conférences se déroulaient en parallèle (les salles couvrant chacun un sujet spécialisé), les participants étaient invités à assister aux keynotes en début d’après-midi. L’horaire était construit de sorte qu’aucune autre conférence ne venait entraver les keynotes.

La salle était immense, contenant facilement entre 1 000 et 1 500 personnes. Les organisateurs avaient eu l’idée d’inclure un stream Twitter, suivant le hashtag de l’événement (#w2e), afin peut-être d’animer la scène ou de permettre au backchannel de contextualiser les propos de l’invité. Seulement le tout a dégénéré lorsque Danah Boyd, chercheuse pour Microsoft, livra sa présentation intitulée «Streams of Content, Limited Attention» (que d’ironie).

Connaître son public

Les conférenciers qui obtiennent le plus de succès selon moi sont tous en mesure de bien juger l’auditoire afin de livrer une présentation compatible avec celle-ci. Ce fut le cas de Chris Brogan, Baratunde Thurston et même Tim O’Reilly. Certains comme Kevin Rose et Jay Adelson ont pu jouir du mode entrevue qui, bien qu’il ne soit pas bulletproof, diminue le risque de provoquer un discours ennuyeux ou ne correspondant pas aux attentes de la foule (trois têtes valent mieux qu’une).

Lors de sa conférence, Danah Boyd traita de son sujet avec brio, récitant des phrases parfaitement construites, incluant à l’occasion des métaphores, des parenthèses, des explications… elle avait réponse à nos questions avant même qu’on ne les pose. Comment cela est-il possible? Elle sait lire, voilà son secret! Par extension, elle sait écrire également…

Pendant près de 20 minutes, Danah Boyd passa le plus clair de son temps à lire ses notes à voix haute, levant à l’occasion son regard afin de simuler la connexion avec son public. Je considère que cette maladresse (à noter que je n’aurais pas fait mieux) n’a fait que contribuer au déficit d’attention de la foule, qui devait déjà composer avec la durée de son intervention et la tentation d’emboîter le mode multitasking.

Conséquence

Bien que son débit était adéquat pour quelqu’un à qui on accorde toute notre attention, la majorité trouvait qu’elle parlait trop vite, ne laissant pas le temps à l’auditoire de digérer ses propos. Des commentaires plutôt anodins du genre «Danah Boyd from Microsoft is talking way too fast. It’s hard to follow and I have no idea what she is talking about.» ou «Danah Boyd loves coffee.» ont fait réagir la foule de façon innappropriée (des rires qui ne pouvaient être attribués au sérieux du sujet traité).

Unfortunately, my presentation at Web 2.0 Expo sucked. The physical setup was hard and there was a live stream behind me. I knew something was wrong because folks started laughing in the audience. Unable to see anything (the audience, the stream), I found myself closing down.

— Danah Boyd, sur son blogue

Le lendemain, les animateurs Brady Forrest et Jennifer Pahlka avaient des têtes d’enterrement. Ils ont rapporté les faits, se sont excusé auprès de Danah Boyd et Microsoft (le principal commanditaire avec IBM) et ont annoncé que le Twitter feed allait désormais être modéré. Lors des keynotes qui ont suivi, on pouvait voir des tweets se répéter sur l’écran géant, donnant une fausse impression d’instantanéité. On a relégué cette fonctionnalité aux oubliettes; vous pouvez vous assurer qu’elle ne sera pas au rendez-vous l’an prochain.

Comment mieux gérer la situation?

Je crois que dans de pareilles circonstances, il est inévitable pour Twitter de refléter la perception d’une salle, exceptée évidemment lorsque celle-ci n’est pas familière avec l’outil (ou n’a carrément pas accès au web). Par contre, l’idée de modérer la diffusion des tweets est catastrophique – mieux vaut ne rien diffuser du tout!

Si l’organisation n’est pas prête à prendre un tel risque, elle ferait mieux de rétrograder les tweets au second plan, en diffusant ceux-ci sur un écran dans un endroit «de repos» (tel que je le proposais le mois dernier). De plus, cette pratique élimine un élément de distraction dans une salle où la présence technologique incite fortement à perdre le focus.

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